Ni cerfs ni biches mais une riche biodiversité

 

 

Qui n’a jamais dit ou entendu dire : « j’ai vu un cerf en forêt de Soignes » ? Ce ne peut être qu’un chevreuil, seul grand mammifère en forêt de Soignes  depuis un siècle au moins. Il vient cependant d’être rejoint par le sanglier, venu d’Ardenne par le viaduc de Beez !

Plus ils sont petits, plus il y en a

Les réductions successives de la surface forestière et la chasse ont réduit jadis la biodiversité animale en Soignes. Les principaux facteurs actuels sont la perturbation des déplacements de la faune par les voies de communication et des habitats, surtout par l’urbanisation des lisières.

Parmi les mammifères, les chauves-souris se distinguent : sur 21 espèces existant en Belgique, 15 trouvent en forêt ou en lisière le gîte dans les bâtiments anciens ou les vieux arbres et la nourriture dans les étangs.

Parmi les oiseaux, ce sont les pics, qui ne rêvent que de vieux arbres où nicher et picorer. Il y a aussi en Soignes 12 espèces de batraciens sur 16 en Belgique. Au printemps, volontaires et forestiers les aident à échapper au trafic lorsqu’ils migrent pour se reproduire. Il y a enfin des centaines d’espèces d’invertébrés, dont une unique au monde : le carabe doré de Putzeys !

Bref, la quantité et la diversité des animaux sont d’autant plus grandes qu’ils sont petits : pas étonnant que le public ignore cette richesse, surtout qu’il est souvent bruyant et accompagné de chiens dont l’odeur et les aboiements font fuir les plus visibles de ces animaux. Chiens et chats errants sont encore plus nocifs car eux tuent.

 Les animaux liés aux végétaux

 Cathédrale ou pas, la hêtraie étouffe la végétation au sol, privant la grande faune d’abris sûrs et les herbivores de nourriture diversifiée mais, là où la hêtraie n’existe pas, la forêt de Soignes accueille une grande biodiversité végétale.

 On y trouve notamment la belladone ainsi que la gagée à spathe et le lycopode en massue qui se raréfient en Belgique. On commence à y découvrir la variété des champignons… qu’il est interdit de cueillir car ils sont indispensables à la vie forestière.

A peine esquissée ici, cette variété de végétaux (144 espèces rien qu’en Région bruxelloise) est liée à l’abondance croissante de bois mort et à la continuité du boisement de Soignes pendant 10 000 ans. Par exemple, les plantes à bulbe ou à rhizome (ail des ours, anémone sylvie, muguet, jacinthe ou violette des bois) ne peuvent exister que dans des forêts anciennes car elles ne progressent que très lentement (1 m par an !), ce qui handicape leurs possibilités de coloniser de nouveaux territoires.

 Des lisières capitales

 C’est dans les lisières qu’on trouve la plus grande diversité d’espèces, tant animales que végétales, d’où l’importance de leur préservation à l’état le plus naturel possible, en particulier vers les milieux forestiers proches : bois de Hal et forêt de Meerdaal (Louvain).

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Opération "sauvetage des batraciens" le long de la Duboislaan

à Groenendael, printemps 2011